Pour mes élèves Parisiens

COMMENT J’ENSEIGNE L’ASHTANGA VINYASA YOGA

Dans une pratique yogique des asanas, on peut travailler sur plusieurs niveaux en même temps. Je vois pourtant, qu’il est d’une importance primordiale de commencer le travail dans le bon endroit. Quel est que le bon endroit? C’est le Mula Bandha.

LE MULA BANDHA

Le Mula Bandha n’existe pas tout seul, mais en relation avec la respiration, même si au niveau purement mécanique il ne s’agit que de contracter l’anus. Plutôt qu’une tension, cette contraction est une fermeture consciente énergétique autour de l’anus. À long terme, il faut revivifier le Mula Bandha en se connectant consciemment à celui-ci. Au début, on se connecte au Mula Bandha en le faisant physiquement et au fur et à mesure qu’on parvient à persévérer dans la concentration, on y connecte surtout par le moyen de la respiration. Dans la pratique du yoga, l’on tient compte que la respiration n’est pas seulement un phénomène physiologique – elle est entièrement liée à l’énergie vitale de l’être humain. Le Mula Bandha est le contrôle de cette énergie et au meilleur des cas, il contribue à une expansion de celle-ci tout en en changeant progressivement la qualité vibratoire. Pour ce changement définitif, le Mula Bandha a besoin de notre aide.

LE PRANA

Le Prana veut dire l’amalgame de l’énergie vitale et spirituelle d’un être humain. Le Prana représente tout le potentiel d’un individu. Lorsqu’on n’a que peu d’énergie vitale, on est facilement soit déprimé, soit angoissé, parce que la vie ne s’exprime pas pleinement à travers nous. De toute façon, l’énergie se diffuse différemment dans les différentes parties du corps et selon ce qu’on ressent par rapport à nous-mêmes ou bien par rapport à notre entourage. Les émotions sont en fait de ce point de vue des mouvements et non-mouvements du Prana. Les points spécifiques où l’énergie se concentre, sont appelés les Chakras. Le Prana représente également la vérité par rapport à notre conception toujours limitée du monde. Le Prana est notre être pur, qu’on arrive pas toutefois toujours à atteindre à cause des limitations mentales ou bien les expériences du passé qui nous influencent par les blocages dans le corps. Bref, on s’estime souvent inférieur à ce qu’on est véritablement parce qu’on nous ne connaissons pas nos capacités sur le plan énergétique. En redécouvrant cette connection qu’on a tous eu dans l’enfance – la connection avec la source – on découvre des possibilités et de la créativité à l’infini.

INSPIRATION

Lorsqu’on inspire, on peut éprouver une libération à la fois physique, énergétique et émotionelle dans tout le corps et dans l’aura (le corps subtil). Le travail à faire, c’est de rester vigilant à ce que l’énergie circule librement à partir du Mula Bandha (Muladhara Chakra) jusqu’au sommet du crâne (Sahasrara Chakra). Si la respiration s’arrête dans le corps, si on a un sentiment de blocage dans la respiration, il s’agit, en général, du blocage dans l’énergie vitale qui peut être dû à plusieurs facteurs tout à fait divergeants, comme le stress, l’angoisse, la peur, la déprime, le mensonge ou bien une mauvaise habitude de ne pas être présent dans sa propre respiration. C’est par le corps que l’on vit les émotions. Dans la vie, il nous arrive des défis qui sont parfois trop durs et à ces moments-là, il est plus facile d’échapper à ses propres émotions que de les assumer. Ainsi le corps se transforme-t-il à un réceptacle qui accumule tout ce qu’on a stocké dans le subconscient. Le corps reflète notre réalité, c’est-à-dire aussi tout ce dont nous ne sommes pas conscients.

EXPIRATION

Il est très important d’être conscient des deux “extrêmités” énergétiques au moment où commence l’expiration. On est arrivé à un élargissement maximal, mais surtout pas forcé ou tendu, et on se concentre aussi bien à cette bord extérieur énergétique, qu’au Mula Bandha, la destination. Pour avoir une respiration optimale, il faut avoir une énergie optimale. Pour avoir une énergie optimale, il faut savoir comment contrôler et contracter les tissus du corps pendant l’expiration. Pour commencer l’expiration, on contracte “le terminus”, c’est-à-dire le Mula Bandha, et on ramène ce ballon d’énergie vers un petit point qui va se contracter peu à peu. De ce petit point de concentration va naître l’inspiration suivante.

RESPIRATION

Plus on prend conscience de ce qui se passe dans le corps, dans les émotions pendant l’inspiration, plus on arrive à rectifier ses mauvaises habitudes sans forcer. On donne consciemment plus d’espace pour l’énergie de l’inspiration à faire son passage à travers le corps. Et finalement, on arrive à sentir cette énergie partout dans le corps au niveau cellulaire et même en dehors du corps. Là, on commence à entrer le domaine de la mystique, même si ce genre de connections et sensibilité sont à la portée de tout un chacun à tous moments.

L’inspiration et l’expiration sont bien naturellement deux phénomènes complémentaires et elles se suivent sans être interrompues au niveau énergétique. Il faut surtout pas chercher à adopter cet idéal au niveau physiologique ou physique étant donné que ce genre de sensation d’être en train de “faire” quelque chose sans aucune pause, crée un stress. Le contact est donc purement énergétique quand on arrive à la fin d’une respiration et change et devient plus physique entre ces polarités. L’inspiration et l’expiration représentent également deux polarités de la vie. A chaque respiration, on devrait vraiment être présent. C’est comme ça qu’on développe la concentration (Dharana) et la méditation (Dhyana). La méditation n’est pas forcément une pratique à part. Elle est là dès maintenant dans la pratique des asanas.

CONCENTRATION -> MÉDITATION

Parfois, le concept de concentration est conçu comme étant une limitation de vision. On essaie d’expulser les pensées et on devient tendu en s’efforçant d’empêcher les pensées de circuler. La concentration yogique est une focalisation d’attention naturelle à laquelle on atteint petit à petit à force de reconduire son attention toujours au bon endroit. Clarifions de quoi il s’agit. Quand on commence sa pratique, il vaut mieux s’assurer qu’il n’y a pas des choses auxquelles ils faudrait penser pendant la pratique. Dans un sens, on essaye de faire le vide. Au mieux, on fait face à ce qui nous gêne, on prends une décision pour l’action ou la non-action, et après on se détache autant qu’on peut.

Il vaut mieux pas se mettre dans un “état” yogique hypocrite, c’est-à-dire, ne pas avoir un visage sérieux, méditatif et tout le reste. Il faut pas se fermer. Il faut être le plus naturel possible. Ouvert. Détendu. On crée un espace aussi libre que possible avant de commencer la pratique. Dans un espace pareil, l’énergie vitale commence déjà à circuler plus librement, à enlever le stress, à détendre la tension musculaire. Alors, ne pas attaquer la pratique sans être bien connecté à cet espace intérieur calme et méditatif naturel.

ETHIQUE

Depuis des millénaires, les yogis connaissent les obstacles sur la voie de l’épanouissement et du bonheur. Ces obstacles sont décortiqués par exemple dans le Yoga Sutra de Patanjali. Ashtanga veut dire “huit branches” qui sont les moyens de travailler aussi bien son corps que son esprit. Les deux premieres branches, Yama et Niyama, nous décelent en 10 principes tout ce qui est recommandé et non-recommandé dans la vie humaine. Ces principes ne sont pas tellement matériels ou intellectuels. Ils sont des états d’âme subtils atteint par une contemplation et une action et ils vont agir sur notre systême énergétique, soit positivement, soit négativement. Je prends un seul exemple. Quand on ne dit pas la vérité – quel qu’en soit la raison: vouloir plaire, ne pas vouloir faire face à une situation, ne pas avoir le courage – on manipule la réalité et notre Prana reçoit cette information. Notre corps, tout le systême nerveux et notre subconscient absorbent cette contradiction entre la réalité et notre monde à nous. Sans aucune moralité, on comprends pourquoi il vaut mieux pas mentir si on veux pas souffrir d’une énergie de qualité médiocre ou faible.Image

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