Meanders of the road

According to Patañjali the causes of suffering can be put in five different categories. They are mentioned in Sādhana pāda, the second chapter in the Yoga sūtra. These causes called kleśas reside in different layers in us. We face two first of them in the mental layer, two others that follow in the list are something we encounter in the emotional layer and the last one has to do with our instinctual layer. The kleśas are challenges, but they are also a way to understand more deeply our human nature and our developmental history.

Avidyā and Asmitā are our mind’s stumbling blocks, but they also include the opportunity to grow. Avidyā means the lack of awareness about our mind’s relation to our real self. Asmitā is the degree of our self-centeredness. To put it simply one could say that higher the level of awareness and lesser the degree of self-centeredness, the less we suffer. The better the life.

Rāga and Dveṣa are in connection with our emotional layer. Rāga is a concept which stands for desires that our mind constantly creates and that our emotions accompany. What makes us unhappy is running after the desires or building our life around the desires. Dveṣa, the aversion, makes us equally unhappy. The dislikes take us away from reality, because we want to avoid something that is there. The reason for that is our inability to live through our emotions.

Abhiniveśāḥ means fear of death and this kleśa is in the instinctive brain. We have inside of us the survival instinct we can’t control. Life in us is stronger than our mind or emotions. We want to live or at least we don’t want to die. Even if in our mind and emotions we could wish to die, the instinct for the self preservation is deeper than our wish.

A yoga practitioner can use these concepts to investigate him/herself. This list of five items doesn’t make sense if we consider it only on a mental or behavioral level. Let’s take a little more recent point of view with the American physician and neuroscientist Paul MacLean. He came up in the 1960s with a model where the human being has three brains in one package. It’s called triune brain. The reptilian brain developed more than a hundred millions of years ago. Then later developed the limbic system which registers the emotional pleasure and pain. The last period in the development gave the neo-cortex about 40 000 years ago. The higher brain functions are located on the neo-cortex.

These systems take care of us each in their own particular way. The reptilian brain help us in emergency situations where our mind would be helpless and our emotions could make our reactions too slow. This brain is responsible for our survival. The limbic system includes desires and aversions which are not easy to change. Also the limbic brain has autonomic functions and it’s conditioned to link certain physical sensations to certain emotions. If these two brains have a lot of disturbances like imprints from the past, we can’t live fully the intellectual possibilities of the neo-cortex.

When we link those kleśas Patañjali talks about to these different brains, we see that the two first of them sit on the neo-cortex. The kleśas connected with emotions are in the limbic brain. The hardest of kleśas, Abhiniveśāḥ, the fear of death resides in our reptilian brain, but also in two other brains. Before the two more recent brains are in harmony, we can’t get through with consciousness into that fear in our reptilian brain.

In yoga you don’t just repair your emotional life, but you change your nervous system in its very foundation. The yoga practitioner makes his/her way through all these cerebral layers to change the reptilian brain. The ancient yogis new how to travel those meanders to the reptilian brain and how to tame that brain. With the breath. We can’t directly examine our brain, but we can connect to it with our breath. We can communicate with it via breathing. That’s the language the brain understands.

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LES MÉANDRES DE LA ROUTE

Patañjali a classé les causes de la souffrance dans cinq catégories distinctes. Ces catégories sont appelées kleśas et elles sont expliquées dans le deuxième chapitre du Yoga sūtra, Sādhana pāda. Les kleśas se manifestent dans les différentes couches en nous. Les deux premiers apparaissent dans le mental, les deux suivants dans les émotions et le dernier est connecté avec notre instinct de survie. Les kleśas sont des défis, mais en plus de ça, ils nous offrent un moyen de comprendre plus profondément notre nature humaine ainsi que l’histoire dévéloppementale de l’être humain.

Avidyā et Asmitā sont des pierres d’achoppement du mental, mais ce sont également des opportunités pour une vraie maturité. Avidyā veut dire l’ignorance à l’égard de la relation entre notre mental et notre vrai être. Asmitā est le degré de notre égoïsme. Ensemble cela pourrait être interprété comme ça: Plus notre niveau de conscience est élevé et moins nous sommes centrés sur nous-mêmes, moins nous souffrons. Moins nous souffrons, plus belle est la vie.

Rāga et Dveṣa sont connectés à notre vie émotionnelle. Rāga est un concept traduisant le désir que notre mental recrée sans cesse accompagné par nos émotions. Ce qui nous rend malheureux, c’est de courir après les désirs et de construire notre vie à partir et autour d’eux. Dveṣa, l’aversion, nous rend également malheureux. Nous voulons éviter quelque chose qui existe, car nous sommes incapable d’y faire face émotionnellement.

Abhiniveśāḥ veut dire la peur de la mort et son lieu de résidence est dans le cerveau instinctif. À l’intérieur de nous, nous avons l’instinct de survie que nous pouvons absolument pas contrôler. La vie est plus forte que notre mental ou nos émotions. Même si notre mental était prêt à lâcher prise, l’instinct de survie nous sauverait. Il est plus profond que notre souhait.

Un praticien de yoga peut se servir de ces concepts pour s’interroger. Cette liste de cinq sujets ne nous donne pas beaucoup, si nous la considérons uniquement au niveau mental ou comportemental. Juxtaposons à la vision de Patañjali celle du médecin et neuroscientifique américain Paul MacLean, qui présentait son modèle du cerveau humain (cerveau triunique) dans les années 1960. Il prétendait que le cerveau contient en fait trois cerveaux. Le cerveau reptilien s’est développé il y a plus de cent million d’années. Après, s’est mis en place le système limbique qui tient un registre des plaisirs et peines émotionnels. La dernière période qui a vu naître le néo-cortex remonte à 40 000 ans. Les fonctions plus sophistiquées du cerveau se situent dans le néo-cortex.

Ces cerveaux, ces systèmes s’occupent de nous chacun à leur propre manière particulière. Le cerveau reptilien nous est utile dans les situations de danger et d’urgence où notre mental pourraient ralentir nos réactions et où nos émotions pourraient être trop compliquées. C’est le cerveau responsable de notre survie. Le système limbique a aussi des fonctions autonomes, mais en plus, il inclut les désirs et les aversions et les lie à certaines sensations physiques. Il est donc conditionné. Lorsque les deux cerveaux plus bas et plus anciens sont en harmonie, ça nous permet de vivre plus par notre néo-cortex intelligent.

Si nous faisons le lien avec les kleśas et les différents cerveaux, nous pouvons constater que les deux premiers kleśas se situent dans le néo-cortex. Les kleśas qui sont liés aux émotions se trouvent dans le cerveau limbique. Le plus dur des kleśas, Abhiniveśāḥ, la peur de la mort, réside dans le cerveau reptilien, mais aussi dans les deux autres cerveaux. Les deux cerveaux plus superficiels doivent avoir trouvé un équilibre avant que nous puissions atteindre consciemment cette peur instinctuelle. Sinon, nous ne pouvons pas aller plus loin dans la profondeur du cerveau.

Dans le yoga, nous ne réparons pas seulement notre vie émotionnelle, mais nous transformons notre système nerveux dans sa constitution. Le praticien du yoga fait ce voyage dans les couches cérébrales. Les yogis des temps anciens savaient comment avancer dans les circonvolutions jusqu’à notre cerveau reptilien et comment apaiser ce cerveau. C’est par la respiration. Nous ne pouvons pas examiner directement notre cerveau, mais nous pouvons nous connecter à lui par notre respiration. Nous communiquons avec le cerveau par la respiration. C’est la langue du cerveau.

KIEMURAISELLA TIELLÄ

Patañjalin näkemyksen mukaan ihmiselämän kärsimyksen syyt tiivistyvät muutamaan pääkohtaan. Ne on mainittu Joogasutran toisessa luvussa, Sādhana pādassa. Nämä kärsimyksen syyt eli kleśat ovat psyykemme eri kerroksissa. Yhdet ovat mielessä, toiset tunne-elämässä ja yksi niistä on viettipuolessamme. Samalla kun niihin kiteytyy haasteita, ne ovat käsitteitä, jotka johdattavat meitä syvemmälle ihmisyyteemme ja kehityshistoriaamme.

Avidyā ja Asmitā ovat toisaalta mielemme kompastuskivet ja toisaalta sen kasvumahdollisuudet. Avidyā on tietoisuutta mielemme suhteesta todelliseen minuuteemme ja Asmitā liittyy itsekeskeisyytemme asteeseen. Yksinkertaistetusti voisi sanoa, että mitä korkeampi tietoisuudentaso ja mitä vähemmän itsekeskeisyyttä, sitä vähemmän kärsimystä. Sitä parempi elämä.

Rāga ja Dveṣa liittyvät emotionaaliseen puoleemme. Rāga on käsite, joka edustaa haluja, joita mielemme jatkuvasti kehittää ja joihin tunteemme lähtevät mukaan. Onnettomaksi meidät tekee halujen perässä juokseminen ja elämämme kiertyminen niiden tyydyttämisen ympärille. Samoin epämiellyttäväksi kokemamme asiat, Dveṣa, vievät meitä todellisuudesta pois. Kierrämme joitain asioita kaukaa, koska emme halua kohdata niitä. Syyt ovat yleensä tunteiden kohtaamisen vaikeudessa.

Abhiniveśāḥ eli kuolemanpelko liittyy taas perusvietteihimme. Meillä on itsesäilytysvietti, jota emme voi ohjailla. Elämä meissä on vahvempi kuin mielemme ja tunteemme. Haluamme elää tai emme ainakaan halua kuolla. Voimme mielessämme ja tunnetasollakin haluta kuolla, mutta syvemmällä viettitasolla meissä on elämän jatkamisen tarve.

Joogaaja voi käyttää näitä viittä eri käsitettä itsensä tutkimiseen. Niitä pitää tarkastella eri kohdissa itseämme, ei pelkästään mielenliikkeiden tai käytöksen tasolla. Otetaan Patañjalin rinnalle tuoreempaa näkökulmaa. Yhdysvaltalainen lääkäri ja neurotutkija Paul MacLean esitti 1960-luvulla mallin (kolmiaivoteoria), jossa ihmisellä on kolmet aivot yhdessä paketissa. Liskoaivomme ovat kehittyneet yli sata miljoonaa vuotta sitten. Sen jälkeen kehittyi limbinen järjestelmä, joka vastaa tunne-elämästämme. Se rekisteröi nimenomaan mielihyvän ja mielipahan tunteet. Viimeinen kehitysvaihe ajoittuu noin 40 000:n vuoden taakse, jolloin aivokuori kehittyi. Siinä sijaitsevat tietoisuus ja korkeammat aivotoiminnat.

Nämä järjestelmät pitävät meistä huolta kukin omalla tavallaan. Liskoaivot hoitavat meidät vaaratilanteista, joissa mielemme on neuvoton tai joissa emootiot voisivat hidastaa tai monimutkaistaa reaktiotamme. Se vastaa henkiinjäämisestämme. Limbiseen järjestelmään liittyvät halut ja vastenmielisyydet. Niitäkin on vaikea muuttaa. Limbisessä järjestelmässä on autonomisia toimintoja ja sen lisäksi se on ehdollistunut yhdistämään tietyt fyysiset tuntemukset tiettyihin tunteisiin. Jos näissä kaksissa aivoissamme on paljon häiriöitä, jälkiä menneistä kokemuksista, emme pääse nauttimaan luovan ja älyllisen aivokuoren tarjoamista mahdollisuuksista.

Kun liitämme nuo Patañjalin esittämät kleśat näihin aivojen kerrostumiin, niin ylimpänä aivokuorella on luonnollisesti nuo kaksi ensimmäistä tietoisuuteen liittyvää kleśaa. Tunteisiin liittyvät kleśat ovat limbisen järjestelmän alueella. Haasteellisin kleśa, Abhiniveśāḥ, eli kuoleman pelko, sijoittuu liskoaivoihimme kaksien muiden aivojen lisäksi. Patañjalin kommentaattorien mukaan vaikein käsiteltävä asia on kuolemanpelko. Ennen kuin pinnallisemmat aivojen kerrokset ovat tasapainossa, tätä pelkoa ei voi edes aidosti lähestyä. Emme pääse niin syvälle itsessämme tietoisuuden avulla.

Joogassa ei ole kyse pelkästään tunne-elämän korjaamisesta, vaan koko hermostomme konstituution muuttamisesta. Muutamme liskoaivojemme toimintaa. Joogaajan tuleekin kulkea tiensä näiden aivojen läpi tuoreimmasta kehityshistoriallisesta kerroksesta vanhimpaan. Muinaiset joogit tiesivätkin miten nuo kiemuraiset polut kuljetaan liskoaivoihimme asti ja millä keinoin tuokin aivojemme osa tyyntyy. Hengityksellä. Emme voi suoraan tutkia aivojamme, mutta voimme olla niihin yhteydessä hengityksemme avulla. Me voimme viestiä aivoillemme hengityksellä. Hengitys on aivojen äidinkieli.

Photo by Otto Tarvainen

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2 thoughts on “Meanders of the road

  1. Merci Anne. J’aime beaucoup cette lecture des klesas et la mise en parallèle avec nos cerveaux. Je partage ta manière de voir. Le yoga entre mouvement et respiration nous permet de nous re-connecter aux cellules de notre corps et de voyager dans tout notre corps afin d’aller au fond et à l’essentiel. Bien souvent nous restons à la surface. Tellement à la surface que nos cerveaux ne fonctionnent plus correctement…
    Le retour à la respiration et la pause dans toutes ses dimensions sont certainement la clé pour cette déconnection avec l’essentiel le SOI.

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    • Merci Caro! Merci beaucoup ces pensées et ressentis! Je suis entièrement d’accord avec toi que souvent, nous restons à la surface. Sans une pratique comme le yoga, les asanas, nous sommes perdus. Tu as certainement raison en disant que ça perturbe notre cerveau! Il faut vivre son corps, pour connaître son cerveau.

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